Une année au Philippines

02 avril 2010

Pourquoi les Philippines?

Combien de fois m'a-t-on posé cette question...
Je répondais alors "pourquoi pas?". C'était ce que je m'étais dit en regardant la liste des pays avec des universités partenaires de Sciences Po. Entre "Nouvelle-Zélande" et "Singapour", un pays, les Philippines, avait attiré mon regard. Et sans avoir aucune raison sensée, j'étais décidée. Sur la lettre de motivation pour les affectations il fallait mettre 6 choix, j'avais bien précisé que seul mon premier choix comptait. J'ai entendu plein de remarques de gens dubitatifs de cette obstination un peu stupide. Peu importe. Il est vrai que je ne pouvais pas répondre à cette question qui m'a hantée "pourquoi les Philippines"?
Mais aujourd'hui, laissez-moi vous dire pourquoi.

Parce qu'on s'y sent chez soi immédiatemment.

Parce que les philippins sont chaleureux, vous acceuillent à coups de "hello ma'am", sans agression, sans vouloir vous soutirer de l'argent, juste par plaisir de voir que des étrangers semblent apprécier leur pays. Ils s'intéressent à nous et à notre culture autant qu'on s'intéresse à la leur, c'est un échange constant.

Parce qu'en quelques heures vous pouvez vous retrouver dans les rice-terraces, dans les montagnes, sur une plage paradisiaque aux eaux turquoises, dans une grotte peuplée de chauve-souris, avec des requins-baleines, dans la jungle, en haut des chocolate hills, en snorkelling avec tout un aquarium qui vous entoure, sur un petit bateau encerclé de dauphins, en bas de splendides chutes d'eau...

Parce que même les temps de transport font partie du voyage. Sur le toit d'un bus, d'une jeepney, dans un tricycle, dans une bangka, un ferry, a l'arrière d'une moto, c'est toute la beauté des paysages qui défile sous vos yeux et vous donne un sentiment de liberté et d'aventure.

Parce que même dans les bidonvilles où une chambre de 5m² et  repas de riz est déjà un luxe, les rues résonnent de vie. Au son de Lady gaga et "nobody but you", des enfants dansent, jouent, des femmes papotent, et tous vous saluent le sourire aux lèvres. Une leçon de vie. Une leçon d'humanisme. Une leçon d'espoir.

Parce que quand vous rencontrez un philippin à l'étranger, vous allez directement lui parler, vous partagez quelque chose, vous partagez cet amour des Philippines. 100 % Pinoy (du moins dans la tête :-D).

Parce que même si les cours à Ateneo sont pas terribles, le campus est beau, on s'y sent bien, la vie étudiante et associative est foisonnante, il y en a pour tous les goûts.

Parce que la bouteille de Tanduay est à 1 euro.

Parce que même si le balut, l'adobo, le pancit, le taho, le halo-halo, le chicharon, le lechon, le kare-kare, le pinakbet, le bicol express et le lapu-lapu ne sont pas vos mets préférés, les mangues, bananes, ananas, buko et shakes sont les meilleurs au monde.

Parce que la rencontre avec les autres étudiants en échange est riche en émotions, en rires, en complicité, en aventures. Un an ensemble...c'est des liens créés qui sont solidement ancrés dans vos souvenirs.

Parce que c'est un des rares endroit où la chanson des Black eyed peas "I got a feeling" avec son affirmation "party everyday" prend tout son sens.

Parce que malgré tout, on progresse en anglais. Même si on le ponctue de "diba, talaga, po, tapos".

Parce que tous les voyageurs qui y ont mis les pieds ont eu du mal à en partir, TOUS ressentent que ce pays a quelque chose, quelque chose de chaleureux. Et on s'y sent bien.

Parce que le prix d'une nuit dans un resort dépasse rarement les 5 euros, que le menu big mac est à 2 euros, le paquet de cigarettes à 50 centimes, et un bon resto a 3euros.

Parce que c'est aussi un dépaysement. Apprendre la patience. Essayer de ne pas s'énerver quand on vous dit que le prochain bateau part dans 3 jours. Quand on met 1h pour vous donner une information. Quand on vous dit que c'est à droite avec un air affirmatif et que c'est en fait 3 rues après à gauche. Quand on vous dit qu'il faut marcher 10 km et que 100m après vous avez atteint votre but. Quand on vous demande 45 fois où vous allez. Quand le chauffeur de jeepney attend encore des passagers avant de partir alors que vous avez déjà plus qu'une fesse sur le banc. Quand on vient vous voir au resto pour la 8e fois "sorry it's not available" et que vous finissez par commander le seul plat disponible. Quand, au bout de quelques heures de recherche d'une poubelle (chose inexistante dans Manille), vous finissez par jeter votre papier par terre. Quand on vous demande si vous êtes catholique, et que si par malheur ce n'est pas le cas on vous regarde avec incompréhension (comment est-ce possible de croire à la théorie de Darwin?). Quand on vous appelle "americano, americano" alors que ca fait 50 fois que vous répétez que vous êtes français. Quand il fait 30°C dehors et 10°C dans le bus, et que même si tout le monde a sorti bonnet, écharpe, doudoune, le conducteur n'arrête pas la clim. C'est ce qui fait aussi les Philippines.

Parce qu'on vous demande "tu reviens quand?" et pas "tu vas revenir?". Et que vous répondez "bientôt". Et sans doute possible.

Parce que vous avez eu beau chercher à Rustan, à Megamall, a Market market, à Divisoria et à Quiapo des souvenirs "typiques" à ramener, vous êtes rentrés plutôt bredouille. Les Philippines, on en ramène que des souvenirs. Et des photos. Vous ne pouvez pas recréer une ambiance philippine ailleurs comme vous pourriez faire une soirée indienne ou vietnamienne. Les Philippines c'est aux Philippines. C'est un tout indissociable. Vous y êtes allé. Ou pas. C'est tout.

Parce que vous avez beau avoir voyagé dans d'autres pays autour, les philippins vous paraissent toujours les plus accueillants, les prix sont toujours les plus bas, les sites naturels sont toujours les plus beaux et les moins touristiques.

Parce que, parce que, parce que...
Je ne regrette pas un instant ce choix. Et je ne comprends pas toujours celui des autres. Ceux qui disent que c'est un pays avec de l'insécurité. Un pays dangereux. Inintéressant. Qu'importe si le guide du routard rechigne toujours à sortir un guide. Pour l'instant on est une poignée à partager le sentiment que les autres manquent quelque chose. Que ce pays n'est pas apprécié à sa juste valeur dans l'opinion internationale.

C'est une année magnifique qui se termine ici. Je repars changée, grandie, émerveillée. Je remercie Sciences Po pour m'avoir donné l'opportunité de partir comme cela, et de me laisser aussi libre sur le choix de mes cours et de mes activités. Je remercie ma famille et mes amis pour les mails quotidiens. Je remercie tous les étudiants en échange pour la belle aventure humaine qu'on a vécue. Je remercie Zeny et ICDC pour tout ce qu'ils m'ont donné, ce qu'ils m'ont apporté, cette expérience si belle. Je remercie Babyloan et Entrepreneurs du Monde pour leur patience avec moi et leur soutien. Enfin je vous remercie vous, lecteurs, d'avoir voyagé avec moi cette année. 3400 visites... merci, ça m'a donné encore plus de motivation. Je clos ici ce blog, peut-être en ferai-je un autre pour mes prochains voyages (dans un mois peut-être l'Inde, ou Haïti, ou l'Angleterre...). Je laisse la place à Alexis, Marie-Laure et Chloé qui vont arriver en juin pour leur 3A à eux. Vous avez fait le bon choix!

flag_philippines

Maramin Salamat Po

Posté par violaine79 à 10:18 - Commentaires [8] - Permalien [#]

31 mars 2010

"Ce qu'il y a de bon dans les départs? Ils commencent le retour" Yolande Chéné

Je vous écrit de Dubai où je patiente pour mon escale...et oui....retour en France!
Départ des Philippines à l'image de l'année qui s'y est déroulée: pleins d'imprévus, d'émotions, d'originialité.
Le premier aurevoir était à ICDC la semaine dernière. Zeny avait organisé une fête sur le toit de l'office avec tout le staff, des chants, des danses, échange de cadeaux et un repas philippins. Avec Edern et Camille on a été très émus. C'est surement une de mes plus belle rencontre cette année ICDC, des gens géniaux qui m'ont beaucoup donné. Puis vient les adieux à tous les étudiants internationaux lors du week-end à Puerto Galera.

CIMG1977    CIMG2003   26938_1260632597907_1292449212_30601218_352446_n
Il y a 9h, je quittait le McDo a Katipunan, notre MacDo, notre avenue. En larmes je dis aurevoir à mes collocs et mes amis les plus proches. Le taxi roule, et je regarde Manille comme la première fois que je l'ai vue: les jeepneys, les grandes affiches, les vendeurs à la sauvette, le traffic, le bruit, la vie. Trop de choses se bousculent dans ma tête. La chanson la plus niaise en tagalog (http://www.youtube.com/watch?v=YMqdRxObxlM&feature=related) qu'on a entendue toute l'année dans les taxis arrive même à m'émouvoir. J'arrive à l'aéroport, fait la queue pour enregistrer les bagages puis au guichet on me dit "are you ma'am Pierre? We have been calling you several times". Effectivement on m'avait appelée au micro (mais bon "Juliane Piyere" j'ai du mal a me reconnaître) et tous les guichets avaient été mis au courant que si on me trouvait il fallait me prévenir que j'avais laissé ma sacoche avec tout mon argent au portique de sécurité...sans argent je n'aurais pas pu payer la taxe et donc pas pu partir. Je suis soulagée qu'on me l'ai mise de côté mais ce soulagment ne dure pas car le philippin au guichet m'annonce : 9 kilos en trop, c'est 70 dollars par kilo. Je lui fais les yeux doux (j'avais pourtant pesé les valises il n'y avait que 4 kilos supplémentaires...) mais rien à faire c'est ou je vide mes valise ou je paie 720 dollars...Je cherche dans la file d'attente des blancs qui iraient à Nice mais je ne trouve pas. Alors je me mets sur le coté, je vide tous mes habits et j'enfile 12 tee-shirts, une robe et deux pulls. Ca amuse beaucoup les gens qui font la queue. Un garde, compatissant, vient m'aider. A deux, on réfléchit à toutes les astuces: des livres dans les pochettes d'ordis, des habits sous le chapeau que j'ai sur la tête...finalement je retourne au guichet (on dirait que j'ai pris 40kilos). Il y a un kilo en trop, soit la bouteille de Tanduay (LE rhum philippin) que je veux rammener en France. "Vous allez quand même pas m'empecher de rammener le Tanduay, c'est toute les Philippines ça...". Il me répond "Vous avez facebook?". J'acquiesce. "Alors vous m'acceptez en ami et je ferme les yeux sur ce kilo." Il n'y a qu'ici que ce genre de chose arrive :-D. J'ai bien cru ne pas passer le contrôle santé car avec mes 15 couches de vêtements j'étais en nage. Mais finalement, je suis bien partie.
Partie pour mieux revenir un jour.

Posté par violaine79 à 05:23 - Commentaires [3] - Permalien [#]
28 mars 2010

Week-end hors des sentiers battus

"-Vous avez des proches à Camiguin?
- non
- pourquoi y allez-vous alors?
- pour du tourisme
- du quoi???"

Attention ce récit risque d'être long. Avec Edern, on souhaitait faire un voyage un peu "borderline", loin des sentiers battus. En ouvrant le lonely planet p182, on a vu 6 lignes sur une île, Camiguin (à ne pas confondre avec Camiguin à Mindanao) tout au nord de Luzon. Et voilà, nous étions partis. Après 14 de bus où la clim était telle qu'on grelottait tous, nous arrivons à Aparri très tôt d'où nous voulions prendre un bateau pour Camiguin. La traversée Aparri-Camiguin est dangereuse, l'année dernière une trentaine de personnes sont mortes et il y a de nombreux accidents. On comprend mieux quand on voit l'état des bateaux, la mer agitée et le manque de gilets de sauvetage. On arrive au port à l'aube, nous sommes chanceux, il y a un bateau pour 9h. On nous demande de mettre nos sacs dans un premier bateau en nous expliquant que sacs et voyageurs se retrouveront une fois sur l'île. On monte dans notre bangka (petit bateau) avec des enfants, des femmes et des personnes âgées et on a attendu 2 heures en plein soleil sans que le bateau ne parte. Enervée, je vais questionner le capitaine qui me dit que le bateau n'est pas auotisé à partir. Avec edern on se rend chez les garde-côtes et là ils me disent que le bateau n'est pas en règle, qu'il faudra attendre le prochain bateau mardi pour partir (on était samedi...). Là j'ai passé tous mes nerfs sur le personnel et le capitaine de bateau mais rien à faire, nos sacs sont à Camiguin et pas nous. Dépités, on va s'acheter un tee-shirt et deux trois affaires.

CIMG1758      CIMG1727     P1130071

Edern entend parler d'un bateau illégal qui partirait le lendemain à 4h du mat'. On se rend donc là-bas et comme des clandestins on est entassés dans une petite barque. Inquiets, on cherche des yeux les gilets de sauvetage mais non, il n'y en a pas. Après 5h de traversée, on arrive finalement (et vivants!) a Camiguin. On est dévisagés comme des bêtes de foire. Camiguin est une grande îles (je ne sais pas vraiment la taille) mais seulement 2000 habitants y vivent coupés de tout. La seule personne qui peut nous héberger est Awit, qui s'avère être....le capitaine du bateau qui n'était pas autorisé à partir, soit une personne sur qui j'avais déchargé tous mes nerfs au téléphone...Pas rancunier, il nous propose chambre et repas chez lui pour 3 euros la nuit par personne. L'après-midi, une femme du village, Nancy, nous guide à travers les montagnes jusqu'à une petite source d'eau très jolie. Elle nous parle un peu de l'île et nous dit que 8 personnes travaillant pour le WWF partent silloner les alentours à la recherche des baleines à bosse tous les soirs et qu'on pourrait les rencontrer. La nuit tombée, nous assistons (en invités d'honneur au premier rang...) à la remise des diplomes de l'école primaire. Puis on s'éclipse pour aller à la rencontre des 8 WWF. Edern avait passé l'après-midi à me dire "tu verras il y en aura un 68tard, un beau goss, un geek, une intello, une rigolotte..." bref tous les stéréotypes. Etonnemment il était pas trop loin de la réalité! Le groupe des 8 jeunes (environ 25-30 ans) est constitué de 4 personnes qui travaillent pour GMA, l'équivalent de TF1 aux Philippines et qui tournent l'émission environnementale "Born to be wild" et 4 personnes qui sont volontaires pour le WWF. On est reçus très gentimment, tout de suite le courant passe. On boit, on chante sur des morceaux de guitare...soirée géniale. Ils sont hébergés par "Father gadget", le plus fun des Pères jamais rencontré. Il a tout plein de gadgets écologiques, genre des enceintes qui marchent à l'énergie solaire, des lampes etc. Il boit, est très tolérant avec les autres religions, a facebook, fait des tours de magie...bref, tout un personnage! En fin de soirée, ils insistent tous pour qu'on passe la journée du lendemain avec eux sur le bateau. Ce qui voudrait dire rater notre avion.

CIMG1765    CIMG1965       CIMG1893

On s'est laissés charmer et nous voilà donc partis avec une équipe de 8 pros à la recherche des baleines. Avec Edern on était comme des gosses avec tout le matos de professionnel non seulement du WWF mais aussi des caméramans de GMA (qui sont aussi les caméramans de Koh Lanta version philippine). Ca faisait 3 jours qu'ils n'avaient pas vu une seule baleine donc ils étaient un peu dépités. Tout d'un coup, on voit surgir une centaine de dauphins (d'après AG, le pro WWF, ça veut dire qu'il y en avait 400 en tout car ceux en surface ne sont pas la majorité). Partout, partout, partout des dauphins. Tous le monde s'excite car ce sont des "spotted dolphins", des dauphins qui accompagnent souvent les baleines (contrairement aux requins baleines qui eux sont des poissons et donc ont un cerveau, disons, réduit, les dauphins et baleines sont des animaux intelligens et sociaux). Et là, dans une euphorie générale, une baleine à bosse enchaine 4 "breach" (propulsion à la surface de l'eau et retombée assez spectaculaire) d'affilée à environ 500m du bateau. Ca hurle, ca chante, ca danse, notre équipage ne vit que pour les baleines, c'est très marrant. Ensuite on a pu écouter les sons que la baleine faisait dans l'eau. On a vu deux trois petite apparitions d'autres baleines puis on est allés se reposer et farnienter sur la plage. GMA nous on filmés (j'ai dit QUE des stupidités) et on passera à la télé vers le 15 mai :-D. On a aussi beaucoup papoté avec Kiko, alias BO GOSSSS, c'est l'animateur de l'émission, il est canon et en plus modeste. Il vient de passer un casting avec plus de 65000 concurrents du monde entier pour la nouvelle campagne de pub Benetton et a été parmiiles 25 sélectionnés... préparez vous à le voir affiché un peu partout dans les grandes villes! Le lendemain matin, on a du faire privatiser une petite barque de 1m de large (car le prochain départ sinon était dans 5 jours...), ca nous a couté un peu cher mais tant pis. On s'est recroquevillés avec nos sacs sous une bache car sinon on était trempés. Au retour, encore 14 heures de bus (du fait qu'on avait pas eu notre avion...)
Un week-end très riche en émotions, un joli bouquet final pour cette année de voyages!
Photos d'Edern et moi (on m'avait prêté un appareil) dans l'album "Camiguin Calayan" (j'ai pas la baleine, edern a fait une vidéo)

13768_212019631312_643991312_3130358_5041601_nkiko (pour le bonheur des yeux!)

Posté par violaine79 à 14:00 - Commentaires [2] - Permalien [#]
16 mars 2010

Trek à Banaue: au coeur de la culture Ifugao

"Riz: trois lettres, comme dans le mot blé, mais entre ces deux nourritures fondamentales, il y a la distance de deux groupes de civilisations." Michel Tournier

    "Je ne partirai pas des Philippines sans avoir vu Banaue", me répétais-je depuis juin dernier. Et bien, c'est chose faite! Nous (5 français, 4 allemands) sommes partis 3 jours dans la Cordillière du nord de Luzon faire un trek dans les terrasses de riz. Depuis plus de 2000 ans, le peuple Ifugao ("i": people, "-pugo": from the earth) cultive son riz de façon spectaculaire: sur les flancs des montagnes s'étendent de vastes rizières avec la forme d'un immense escalier (d'où le nom "rice terraces").

26738_371931292839_547942839_3689400_921830_n        24240_394295125427_558855427_5503554_2105546_n      24240_394294660427_558855427_5503517_82134_n

  A notre arrivée, nous retrouvons Joni, le guide qu'on nous avait recommendé. Il pleut. Joni nous dit qu'on a pas de chance, c'est les premières gouttes de pluie en 3 mois (les Ifugao eux étaient contents de cette averse!). Tant pis, ça nous donne l'occasion de sortir nos beaux K-way et ça rafraîchit. Par contre les chemins sont glissants ce qui nous a valu de belles chutes. Le premier soir nous arrivons dans un petit village (dont bien sur j'ai oublié le nom). Petite guest house très charmante et les enfants du village viennent nous chanter des chansons (dont"alouette petite alouette" :-D). Il y a ENORMEMENT de français à Banaue (quasiment que ça, apparemment les français aiment marcher) donc les enfants apprennent des chants en français. Quand à nous on leur a appris "les pouces en avant, les coudes en arrières, les genoux pliés, la tête en l'air et tchik et thcka et tchik et tchak" (vous voyez laquelle c'est :-P?). Ils nous ont aussi fait une démonstration de la "eagle dance", danse traditionnelle. Le samedi nous revoilà partis (toujours sous la pluie) pour le village de Batad. Le soleil pointe le bout de son nez à notre arrivée et laisse place à notre émerveillement. La vue est splendide et la rosée du matin rend les couleurs encore plus belles. Ca m'a donné envie de prendre un chevalet et de me remettre à peindre! La seule chose qui est venue troubler en fanfare ce calme et cette sérénité c'est le cri de l'agonie des porcs. En effet, un mariage où 3000 personnes étaient attendues devait avoir lieu le dimanche et la journée de la veille a été consacrée à la préparation de la nourriture. Une quinzaine de porcs on été abbatus à coup de marteau sur le crâne et cela a duré tout l'après-midi (les autres sont allés voir le spectacle mais ceux qui me connaissent savent que si je vois ça je risque de virer végétarienne plus vite que prévu). On a gravi beaucoup beaucoup beaucoup de marches toute la journée mais le spectacle en valait la chandelle. Le soir c'était soirée dansante (à coup de Macarena et compagnie) donc on n'a pas beaucoup dormi.

24240_394295390427_558855427_5503578_4114976_n        26738_371930937839_547942839_3689363_7032324_n      26738_371931047839_547942839_3689375_3968699_n

Dimanche nous sommes rentrés sur Banaue à travers les montagnes, on a vu avec effaremment le trajet que doivent faire les enfants pour aller à l'école. C'est 2h de marche (aller!) dans des sentiers pentus. Les Ifugao sont très acceuillants et souriants mais ces quelques jours là-bas suffisent pour comprendre que les conditions de vie sont rudes, le riz demande énormément de travail et se déplacer, même à 50m de son habitation, est toujours un exercice physique. A Banaue, Ben (mon colloc) a essayé un costume Ifuago et nous avons fait quelques achats.
   Finalement, vous avez de la chance que j'ai perdu mon appareil photo, maintenant vous avez le droit aux photos de Tania et Pauline, et il ne faut pas bien longtemps pour voir la différence de qualité avec les miennes! (photos dans l'album "Banaue). Je vous ai aussi fait une carte avec tous les endroits où je suis allée (cliquer pour agrandir).

Philippines_map

Posté par violaine79 à 10:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]
11 mars 2010

Entre Koh-Lanta et les requins-baleines, week-end "inédit".

Le week-end dernier, direction les environs de Naga, plus exactement la péninsule de Coramoan, où a été tournée la version 2008 de Koh-Lanta. Le voyage a été long (10h de bus, 2h de van, 1 heure de jeepney, 3 heures de bateau et 1h de tricycle) et surtout je me suis fait voler mon appareil photo dans le car, ce qui m'a plombé le moral car j'y tenais beaucoup, après tout il m'a accompagné partout jusqu'ici (donc à partir de maintenant les photos sur ce blog ne sont plus les miennes). Une fois arrivés à Coramoan, on retrouve 7 français, ce qui fait que nous sommes 13 en tout, un chiffre qui permet de faire des économies pour le logement et la privatisation des transports. On est partis en bateau farnienter sur 3 îles toutes plus belles les unes que les autres. En ce moment, la version israélienne de Koh-lanta est en train d'être tournée, on a vu de loin l'île où ça se passait et sur les routes on peut voir l'installation des épreuves (cf photos). Petite déception tout de même: ce n'est pas du tout un endroit désert, les îles ne sont pas très éloignées du village où vivent des populations locales.

IMG_1969        14100_379180145427_558855427_5463961_1376952_n             IMG_1827

Le lendemain, nous sommes partis direction Donsol, près de Legaspi (il faut vraiment que je vous fasse une carte avec tous les endroits que j'ai fait!) afin de faire du snorkelling (palmes masque tuba) avec les requins baleines, le plus grand poisson au monde (6à12m). Autant vous dire que ce fut une expérience vraiment unique. La mer est trouble et plein de planctons donc on ne voit strictement rien. le capitaine de bateau (6 par bateau) dit "plongez", et on plonge. Là, timidement tu mets la tête sous l'eau et tu te dis "mais on voit rien". Puis d'un coup, boum, un énooooooorrrrmmeeeee requins baleine te fonce dessus, il te passe à 50cm, tu t'arrêtes de respirer et de bouger. Voilà en gros la première recontre avec ces monstres marins (totalement inoffensifs au passage). On en a vu 7 ou 8 dans la matinée, on a nagé à leurs côtés jusqu'à ce qu'ils plongent en profondeur. Certains se sont même accrochés à leur ailerons et se sont laissés tirer (même si c'est interdit, si la patrouille environnementale voit ça, c'est retour au port). On était tous comme des gamins, c'est vraiment sensationnel.

whale_shark_with_fish           SDC11698          14100_379180450427_558855427_5463994_5734520_n

Le dernier jours, on s'est levé à 5h du matin pour aller voir le Mont Mayon au lever du soleil. Ce volcan qui est entré en éruption en décembre dernier est un des plus beaux au monde, avec un cone presque parfait. Les autres français en ont grimpé une partie avant de nous rejoindre aux requins baleines. Pour conclure, week-end "aventure" très réussi, les photos (pas les miennes donc :-D) sont dans "legaspi et Naga".

Posté par violaine79 à 07:12 - Commentaires [1] - Permalien [#]

05 mars 2010

Samar la Splendide

"take nothing but pictures, leave nothing but footprints, kill nothing but time"

Une promo Cebu Pacific sur les billets d'avion, et nous (Pauline, Tania et Camille trois française, plus mon colloc allemand et sa copine et enfin aya mon amie japonaise) voilà partis pour Samar, l'île la plus pauvre des Philippines où les touristes se font très rares (on a croisé...deux blancs). Le premier jour, on retrouve Joni, notre guide, pour faire de la spéléo dans la grotte de Jiabong. Il nous explique qu'il a découvert cette grotte en 2005, ce n'est qu'avec l'arrivée de quelques italiens et français amoureux de spéléologie que des grottes ont été découvertes. Effectivement, les philippins ayant pour croyance que dans les grottes se cachent de mauvais esprits, personne n'avait jusqu'alors osé s'y aventurer. Et pourtant....un régal! On s'est émerveillés comme des enfants, c'est très impressionnant et extrêmement beau. Il reste encore beaucoup de trésors du même genre sous le sol de Samar.

DSCN3350 IMG_0224 DSCN3375  DSCN3333

On voyage de village en village sur les toits des bus, les toits des jeepneys, et même dans des convois familiaux. Les paysages sont vraiment magnifiques, l'île a un côté sauvage très appréciable. Par contre comme les habitants ne voient jamais de touristes, on était l'attraction numéro 1, on s'est retrouvés avec des villages entiers qui viennent nous observer, nous prendre en photos, nous dévisager...assez surprenant mais marrant :-D (quand on se balladait à Basey on était suivi par 2 enfants, puis 10, puis 20, puis après on formait un gros troupeaux dans les ruelles de ce village).

IMG_0314  IMG_0451  IMG_0374 IMG_0348

On est ensuite allés à Marabut dans le resort Caluwayan. Je vous laisse en juger par les photos...splendide piscine qui donne directement sur la mer, de nombreuses petites plages cachées entre les formation rocheuses, un coucher de soleil splendide, et une tente sur le bord de mer pour un total de 4 euros par nuit...sympa! Le dimanche matin, 7h30, Pauline nous réveille en panique, elle vient de recevoir un texto annonçant un tsunami qui viendrait du chili et donc Samar est la première île menacée. L'école nous envoie un texto qui dit "ne vous rendez pas dans les îles à l'Est". Trop tard... Une matinée de panique (pas accès à internet et compagnie) pour pas grand chose puisque apparemment les seules vagues qui seraient arrivées auraient touché le Japon avec une hauteur d'un mètre... Le dernier jour on est allés faire le parc naturel de Sohoton, avec une belle grotte et des formations rocheuses assez impressionnantes. Retour à Manille lundi soir avec comme seul mot à la bouche "allez à Samar!"

Posté par violaine79 à 08:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]
24 février 2010

      Il y a quelque temps que je ne vous ai pas parlé d'ICDC, un petit post pour y remédier! Après une soirée avec d'autres étudiants étrangers où j'ai perdu 703 pesos pour un pari débile avec un ami français (la photo explique à elle seule le pari....oui il a fini la pizza pour 6-10 personnes à lui tout seul) et où on a tous chanté "my heart will go on" avec passion au karaoké, me voilà partie pour Tatalon. J'y vais moins souvent en ce moment car j'ai passé le relais pour la création de profils Babyloan, c'est maintenant le staff d'ICDC qui s'en occupe, je fais quelques rectifications, j'aide par-ci par là mais je ne suis plus très utile. Ce matin je suis partie faire quelques interviews quand même.

                        IMG_0022                IMG_0060   

Comme d'habitude, plein rencontres: une famille de 5 qui vivent dans 5 m² (ne me demandez pas comment ils dorment tous là, je ne sais pas!), une ado de 15 ans qui donnait le biberon à sa fille de 4 mois, un homme bourré (je vous ai déjà dit dans un autre post, le tanduay est, aux Philippines, une des seules chose qui soit commune aux riches et pauvres) qui me posait plein de questions en tagalog que je ne comprennais pas, des enfants qui étaient admiratifs de mon appareil photo, j'ai expliqué à une petite de 5 ans comment prendre une photo et elle a fait un beau cliché (le portrait de sa copine ci-dessous, j'étais un peu deg que la photo soit plus belle que les miennes), et en fin de matinée j'ai rencontré deux bombays (des indiens qui font des prêts aux pauvres à des taux d'intérêt exorbitants) qui m'ont laissé les interviewer... enfin que de choses insolites. Le sourire et la chaleur humaine des gens là-bas est très communicative, j'étais pas supra motivée pour m'y rendre le matin et j'y suis repartie avec le sourire.

IMG_0086     IMG_0075    Romi_et_gari_2

Cet après-midi j'ai eu un partiel et j'en ai deux demain, il me restera qu'une matière en mars. On commence à sentir que c'est la fin....34 jours....tellement court. Je suis contente de revoir ma famille et mes amis mais le retour va être très dur. J'ai vécu avec des gens pendant 1 an, ca créer des liens, et j'aime beaucoup ce pays. Alors tout quitter comme ca du jour au lendemain...rien que d'y penser j'en ai les larmes aux yeux. Mais bon,en attendant on profite, on voyage, on fait la fête, et surtout....on essaie de ne pas penser à demain!

" le bonheur pris sur le fait, sans lendemain pour le lui reprendre" (Dominique A)

Posté par violaine79 à 16:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]
17 février 2010

Hong-Kong et Macau, Nouvel An chinois

IMG_0080Me voilà de retour de 5 jours passés à Hong-Kong (dont une journée à Macau) entre frenchies (avec Martin et Camille) afin de célébrer le passage dans l'année du tigre. Cette année on vit à 100 à l'heure, on visite plus de pays qu'on ne le ferait en 10 ans normalement donc il me manque un peu de recul. C'est une sorte de "speed dating de pays". Mais bon il y a un proverbe qui dit la première impression est toujours la bonne! Si ma première impression du Japon était très enthousiaste, je le suis un peu moins pour Hong-Kong.

Notre avion était au départ de Clark, à 2h en bus de Manille. On est donc partis directement d'une soirée chez des français à 2h du mat' en direction de l'éaroport. Après taxi, bus, jeep, nous voilà vers 7h du matin dans l'avion. Je ne peux pas vous dire grand chose du vol puisque je me suis endormie avant qu'il décolle et je me suis réveillée en sursaut lorsqu'il a touché le sol. Première constatation à Hong-Kong: il fait gris. Très gris. Et ça a duré les 5 jours. Deuxièmement, les bus sont plutôt originaux (sur deux étages, un peu à l'anglaise) et les transports en communs très efficaces. Troisième constatation, tout est fait en grand: grandes avenues, grands buildings, grands panneaux publicitaires, grandes frites chez Macdo (et oui, on a mangé MacDo en Chine, et pas qu'une fois, je sais c'est une honte), grandes lignes de métro etc. Quatrième constatation: il y a beaucoup de blancs. Ca fait bizarre quand on vient de Manille où quand on croise un blanc c'est surement qu'on le connaît tellement nous sommes peu. La mutlitude de nationalités est une caractéristique très sympathique d'Hong-Kong. Nous posons les affaires dans notre (minuscule) chambre d'hotel au 14e étage d'une tour glauque et on se met en recherche d'un petit resto "chinois". Et là j'en viens à notre 5e constatation: les restos "chinois" (comme on l'entend en France) ça n'existe pas en Chine! Nems, riz cantonnais, nougat chinois....et bien non! On s'est donc mis aux dumplings, noodles, siomai etc. Pas mauvais mais je ne suis pas fan. Dernière constation à l'arrivée: l'amabilité des chinois n'est pas leur qualité numéro 1. J'ai eu beau essayer de me dire "ne tombe pas dans le stéréotype", ils ne sont franchement pas agréables. Bien sur, il y a des exceptions, tout comme il y a des philippins désagréables (:-D) mais la tendance générale est qu'on n'a franchement pas envie de demander de renseignement à qui que ce soit. C'est surprenant car en Asie partout où j'ai été jusque là les gens sont vraiment adorables.

IMG_0206         IMG_0508         IMG_0033

Nous avons flanné ensuite dans le "ladies' market" devant chez nous, un marché en plein air où on trouve de tout à prix cassé. Le soir on a testé un restaurant très étrange: il s'appelle modern toilet et tout est décoré comme si on était au petit coin (les sièges, les plats...cf photos). Le samedi visite d'un temple (ne me demandez pas le nom, j'ai jamais réussi à le prononcer...) où la tradition veut que les visiteurs secouent une petite boite plein de batons, le premier qui tombe de la boîte porte un numéro qui répond à la question qu'on s'est posée. Selon ces bâtons, il ne m'arrivera franchement rien de bien! Nous avons ensuite emprunté les escalators qui traversent une bonne partie de la ville, visité un zoo puis un musée sur les plans de construction futurs pour la ville (certains ont du recevoir des mails avec nos photos de ce musée!). Une remarque: la grande majorité des musées, monuments, zoos etc sont gratuits dans la ville, ce qui est très agréable.

   

Dimanche 14, c'est le jour du nouvel an. Ce jour-là, les chinois s'offrent des petites enveloppes rouges avec des pièces en chocolat ou de vraies étrennes. Ils ne lavent pas non plus leurs maisons et leurs cheveux pour ne pas enlver la chance qu'apporte ce jour spécial (mercin Martin, notre guide!). En journée on a voulu aller voir le boudha à Lantau. C'est une statue en bronze de 25 mètres de haut au sommet d'une colline. Après plusieurs heures de transports on est plutôt déçus car à cause du brouillard on ne voit pas à plus de 20 mètres... donc je devrai me contenter des bieds du bouddha... mais enfin bon, ca donne une atmosphère originale au lieu. Le soir nous arrivons 3 heures en avances sur Nathan Road (une des avenues principales) pour assister à la parade du nouvel an. Dur dur de rester debout pendant 5 heures en tout mais la parade était plutôt sympa (rien de spectaculaire mais coloré et entraînant). Plusieurs nationalités se sont succedées: les pom-pom girls de San Diego (sarahhhhh=D), les sapeurs pompiers de Paris, des orchestres de Suisse et Angleterre, des acrobates italiens, des danseurs russes... à part l'Afrique tous les continents étaient représentés il me semble. On retrouve là-bas des étudiants en échange comme nous à Manille et on termine tous la soirée au Burger King. Le lundi on visite d'autres temples, shopping puis le feu d'artifice le soir sur victoria harbour est un pur régal. J'en ai rarement vu d'aussi beau de toute ma vie (pour ceux qui ont facebook j'ai mis une courte vidéo).

IMG_0489      IMG_0555      IMG_0425

Le dernier jour en Chine nous décidons d'aller à Macau. C'est une ville complètement insaisissable: on se croirait à Disneyland la journée et à Las Vegas la nuit. Les casinos sont très nombreux et font la course au luxe ostentatoire. Ils proposent des spectacles gratuits, chacun a sa navette gratuite à partir du terminal de la ville, les batiments sont très luxueux et on ne compte plus les limousines devant. Un casino, le Venetian, a même comme concept d'avoir voulu "refaire" Venise. Outre les batiments extérieurs, le grand canal et la place saint-marc sont entièrement imités à l'intérieur du casino (avec de la vraie eau et des gondoles...). Aussi impressionant et spectaculaire que ridicule. La ville a aussi de beaux bâtiments portuguais (tout est traduit en portugauais à Macau encore de nos jours) et des spécialités culinaires pas mauvaises... :-D On est rentrés dans plusieurs casinos (pour la première fois me concernant). J'ai été un peu vexée de voir qu'on me demandait souvent ma carte d'identité alors que la limite d'âge c'est 18 ans...m'enfin! Les casinos c'est vraiment un monde à part. On avait apporté des habits classes avec nous en pensant qu'il y avait un code vestimentaire mais en fait pas du tout. C'est accessible à tout le monde, mais pour jouer au blackjack, poker ou baccarat (ca j'ai pas compris les règles) etc. il faut commencer à une mise minimum de 20 euros. Avec Martin et Camille on devenait verts de voir des gens perdre des jetons de 500 euros comme s'ils perdaient une pièce de 10 centimes. Ils sont impassibles, très concentrés, et j'ai trouvé que l'ambiance qui s'y dégage ressemble bien à celle décrite dans le film "Las Vegas 21". Il y a des caméras partout et les croupiers sont très attentifs, ils ont le regard partout et sont impassibles. Les sommes d'argent misées sur le tapis en une partie sont énoooormmmessssss, on dirait pas à leur tenues vestimentaires mais ils ont de la tune les gars!

IMG_0088    IMG_0113     IMG_1438

Retour sur Hong Kong puis sur Manille aujourd'hui. Pour conclure ce long (désolée!) article, Hong-Kong et Macau sont des villes très cosmopolites, luxueuses, bling-bling. Mais dans ma tête Hong-Kong c'était la ville moderne, la ville du futur. Et avec du recul je pense qu'Osaka et Kyoto correspondent plus à l'idée que je me fais de la ville de demain: vertes, silencieuses, spacieuses, zen, naturelles. Hong-Kong et Macau, c'est des lumières partout, des néons à n'en plus finir qui sont signe d'une consommation effrenée, un luxe qui ne devrait plus être à l'ordre du jour. C'est aussi (le musée de la construction est effrayant à ce point) une recherche constante de s'agrandir, mettre de la terre sur l'eau pour aller plus loin, de planter des arbres entre deux buildings pour se dire qu'on a un espace vert, mais au final tout semble plutôt faux.

Les photos dans l'album Hong-Kong et Macau (Martin m'a fait découvrir un nouveau mode sur mon appareil photo où on peut mettre tout en noir et blanc sauf une seule couleur donc je me suis amusée :-D).

Posté par violaine79 à 16:46 - Commentaires [1] - Permalien [#]
09 février 2010

A cheval dans la province de Pampamga

SDC10988Avec Camille, Pauline et Yvonne (une autrichienne), nous sommes parties à 3h du matin en direction de la province de Pampamga, au nord de Manille, pour faire une randonnée équestre aux alentours du fameux mont Pinatubo.

Nous sommes très bien acceuillies par le couple qui gère l'organisation de la journée. Nous partons donc avec 3 guides (pour 4!), nos chevaux et leurs poulains (dont un qui avait 12 jours). Ca fait un convoi assez long et atypique. Les chevaux semblent en bonne santé, petits et fins mais costauds. Les guides montaient à cru sur des jeunes chevaux (4-5 mois) et en descendaient très souvent en grimaçant "masakit" (ca fait mal). Ils m'ont donné comme cheval "Dangerous", qui portait plutôt mal son nom puisque très pépère et calme. Vers 8h du matin nous voilà donc en route pour 7 heures de randonnée dans des paysages sublimes. Nous traversons d'abord une grande steppe de sable. On s'émerveille. Puis se succèdent les chemains rocailleux, les traversées de rivières, les champs de riz, les forêts désechées. On traverse aussi de petis villages. A Manille je vous parlais de deux mondes différents qui se cotoient, ici c'est carrément deux époques différentes. Le temps a semblé s'arrêter il y a quelques siècles pour ces paysans. Les "maisons" (des feuilles et des sacs plastiques) sont très isolées (genre hop, sur le bord de la rivière, une maison), on voit sortir de ces abris de fortunes des familles entières. Tout se fait à dos de carabao (buffle local). Ici pas de supermarché, pas non plus de sari-sari store, tout ce que tu consommes, tu l'as trouvé dans la nature (et en ce moment, à part des bananes, des noix de coco et un peu de riz...pas grand chose!).

On en prend plein la vue, on se croirait dans le Wyoming tant il y a des steppes et montagnes à perte de vue. Les Philippines offrent vraiment une variété de paysage impressionnante. On a fait des pauses baignades puis on a pic-niqué au bord de l'eau (porc adobo préparé par la propriétaire :-D). Les guides sont allés nous cueillir des noix de coco, on s'est régalées. Ils parlent aussi bien anglais que je parle tagalog, ce qui signifie que la communication est TRES limitée. Mais c'était marrant, ils me disaient le mot en tagalog, si je comprennais pas, ils le mimaient, je le répétais en anglais pour leur apprendre et moi j'apprenais celui en tagalog (ils parlent tagalog mais leur langage quotidien est celui de la province de Pampamga, encore un langage différent du tagalog). Franchement je regrette vraiment de ne pas avoir fait plus d'efforts pour apprendre le tagalog, ce serait très utile. Mais bon j'ai manqué de persévérance!

                               SDC11222    SDC11193

Les règles de sécurité ici à cheval n'étant pas les mêmes qu'en France, j'en ai profité pour monter toute la journée pieds nus (j'en rêvais!) sans étrier, avec un foulard sur la tête en guise de bombe. J'ai les pieds dans un sale état maintenant mais je m'en moque, j'étais tellement bien (je sais, je suis une vrai gamine :-D)! Les guides ont vu qu'on savait déjà monter toutes les 4 donc on a beaucoup trotté et galopé dans les steppes pour notre plus grande joie. A un moment dans la forêt (étonnamment très sèche et jaunie), on a vu un grand feu se déclencher, on a un peu flippé mais les guides ont dit que c'était habituel et ils nous ont fait prendre un autre chemin. Au retour vers 6h, la lumière était spendide sur les steppes. J'ai pris quelques photos mais ca rend pas très bien car déjà j'étais à cheval donc ca bouge et en plus c'était pas mon appareil photo (car j'avais tout oublié: appareil photo, lunettes, chapeau, crème solaire...heureusement que Camille était là!).

SDC11380Bref, une journée formidable hors de Manille,hors de la pollution, hors du temps. Ils font aussi gîte donc si je trouve le temps je pense revenir quelques jours, c'est un endroit tellement chaleureux, calme et magnifique. Je vais aussi écrire au lonely planet et sur le forum du guide du routard pour conseiller l'adresse, ca vaut le détour! Mes photos sont dans l'album "a cheval".

Posté par violaine79 à 04:11 - Commentaires [2] - Permalien [#]
07 février 2010

Qui a dit que Manille manquait de culture?

On m'avait dit que Manille était un endroit où les activités culturelles manquaient cruellement (musée, opéra...). Jusqu'ici j'ai trouvé ca plutôt vrai. Cependant aujourd'hui j'ai découvert qu'il existait un Centre culturel des Philippines (CCP) à Manille et qu'il est plutôt actif. Certes, Manille reste une ville assez pauvre culturellement mais il faut nuancer cela.

IMG_0129   IMG_0175   IMG_0165

Donc ce matin, je me suis rendue au CCP avec Edern pour une sorte de journée portes ouvertes, ou il y avait des représentations gratuites de 10 min de tous genres (danse théâtre musique chant...) dans plusieurs salles. Il y avait énormément de monde et il fait très chaud en ce moment à Manille donc c'était assez difficile de circuler. J'ai assisté à des danses traditionnelles en plein air et un concert de musique le matin. L'après midi je suis allée écouter le vainqueur du concours national de piano. C'est là que le sens du mot prodige prend tout son sens. Le pianiste (la vingtaine à tout casser) jouait avec tout son corps, comme s'il était possédé, à une vitesse défiant toute concurrence. Il sautait sur son siège, se baissait, se raidissait...on aurait coupé le son c'était déjà un spectacle en soi. Grrr ca me fait regretter d'avoir arrêté le piano, c'est tellement beau. J'en avais des frissons. Puis on est allés voir des extraits du ballet national, ca m'a rappelé l'opéra Garnier, c'est  vraiment international ça. Dommage que les extraits qu'ils nous ont montrés sont des ballets qui seront présentés de juillet à novembre prochain...

Pour finir la journée, un philippin est venu me voir avec une boite et des papiers à l'intérieur en disant que c'était pour gagner des lots. Il m'a souri et m'a montré un papier en disant de prendre celui-là. Résultat des courses, j'ai deux places gratuites pour une pièce de théâtre en tagalog dans 10 jours :-D

Posté par violaine79 à 10:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]